PISA 2018 : la France, toujours mauvais élève en matière d’inégalités scolaires

L'OCDE a publié le 3 décembre les résultats de son enquête PISA 2018. Menée dans 79 pays, auprès de 600 000 élèves âgés de quinze ans, l’étude a essentiellement mesuré la performance en compréhension de l’écrit, et de façon mineure celle en mathématiques et en sciences. Une nouvelle fois, la France y fait figure de mauvais élève de par ses inégalités scolaires.

Depuis 20 ans, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) passe au crible, grâce à son programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), le niveau des élèves de 15 ans de 79 pays à travers le monde, soit un échantillon de 600 000 jeunes (dont 6 308 en France, scolarisés dans 252 collèges et lycées français).
Comme en 2009, cette édition 2018 a pour thème majeur la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences étant les deux autres compétences mineures testées.
Comme en 2016, la France s’y trouve classée au 23ème rang mondial, légèrement au-dessus de la moyenne des 36 pays de l'OCDE, avec un score de 493 points en compréhension de l’écrit (496 points en 2009) et de 495 en mathématiques (489 points en 2018 et 490 en 2015).

Dans le détail, la France, 25ème en mathématiques, 24ème en sciences et 23ème en lecture, a un score moyen de 493 points, comme la Belgique, mais est distancée par le Royaume-Uni (14ème) et l'Allemagne (20ème) ; l’Estonie (523 points) et la Finlande (520 points) étant les mieux classés des pays européens.
En tête du classement, figurent les quatre provinces chinoises (Pékin-Shanghai-Jiangsu-Zheijang) avec 555 points, suivies par Singapour (549 points), Macao (525 points) et Hong-Kong (524 points).

La France, championne des inégalités scolaires
L'un des principaux enseignements de ce classement PISA est le poids, en France, de l'origine sociale des parents sur la réussite scolaire des enfants. Ainsi, 20 % des élèves de milieu favorisé figurent parmi les « très performants » en compréhension de l'écrit, contre seulement 2 % des élèves issus d'un milieu défavorisé. C'est 4 points de plus que les autres pays de l'OCDE, où le différentiel n'est en moyenne que de 16 points.
Des résultats qui placent la France « dans le groupe des quatre ou cinq pays les plus inégalitaires » !
L’étude Pisa révèle en revanche que les inégalités ne se sont pas accentuées entre 2016 et 2019 en France. Et, si le poids des déterminismes socio-économiques est encore très fort, il ne s'accroît (heureusement) plus : 107 points d’écart entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux issus de milieux défavorisés (moyenne de l’OCDE 88), contre 110 points en 2009.

Des élèves français qui se plaignent plus du manque de discipline
A souligner que les élèves français regrettent, plus que dans les autres pays de l'OCDE, le manque de discipline dans l'enseignement. Ainsi, 1 élève sur 2 a affirmé qu'il y avait du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours, contre 1 sur 3 en moyenne dans les pays de l'OCDE. De plus, moins d'1 élève français sur 4 déclare que son professeur lui indique ses points forts, contre 1 sur 3 dans le reste de l'OCDE. Et moins de 40 % estiment que leur professeur leur indique « souvent ou toujours » comment améliorer leurs résultats, alors qu'ils sont 50 % en moyenne dans les pays de l'OCDE.
En savoir plus
Résumé et étude complète de l’OCDE : ici
Communiqué du Ministère du 3 décembre : « Enquête PISA 2018 : stabilité des résultats des élèves français de 15 ans »
PISA 2018 : stabilité des résultats en compréhension de l'écrit : Note d'information DEPP n°19.49
PISA 2018 : culture mathématique, culture scientifique et vie de l'élève : Note d'information DEPP n°19.50